ÉDITORIAL

La « class actions » a du plomb dans l’aile !

A force de vouloir ménager toutes les susceptibilités, l'idée lancée par Jacques Chirac de permettre aux associations de consommateurs d'intenter « des actions collectives contre les pratiques abusives observées sur certains marchés» se trouve dénaturée dans le projet de loi présenté par Thierry Breton et qui a été transmis, début août, au Conseil d’Etat.

Cela faisait longtemps que l'UFC-Que Choisir réclamait une réponse adaptée à l'impunité des professionnels responsables d'un même préjudice causé à des centaines, voire des milliers de consommateurs. Cette action collective devait permettre à des consommateurs ou à leurs associations de représenter un groupe d'intérêt devant les tribunaux. 

Il est vrai que cette proposition déclenche la polémique et que des responsables patronaux montent en première ligne pour s’opposer à ce projet et dénoncer « les menaces qu’il fait peser sur les entreprises ». On notera aussi que, dans les discours, le client est roi mais que dans la réalité, on préfère que le roi reste nu.

Cette vision restrictive de la relation entreprise et consommateur va à l’encontre de la relation de confiance nécessaire au bon fonctionnement des entreprises.

Le consommateur, le client n’est-il pas partie prenante de l’entreprise ? au même titre que les salariés, les fournisseurs, les actionnaires, il a naturellement son mot à dire sur les produits, les services qui lui sont rendus ! ne pas tenir compte de leur insatisfaction voilà qui n’est pas responsable.

Au contraire, des consommateurs qui se sauront protégés dans leurs achats, qui auront le sentiment de pouvoir mieux se défendre en cas de litige, seront plus en confiance, ce qui ne peut qu’engendrer des relations commerciales durables au bénéfice de tous.

R.B

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